Aaah, la Norvège. Pays du froid, du saumon d’élevage, des skieurs médaillés d’or et de la vie vraiment trop chère que seule une pétromonarchie peut s’offrir… Voilà pour les clichés, qui sont tous avérés. Mais à Oslo, en été, il y a comme une douceur de vivre que vous n’êtes sans doute pas nombreux à soupçonner.

(ce billet est en deux parties, la seconde est par là)

Quand j’avais 7 ans, Oslo et la Norvège sont entrés dans ma vie en la personne de Camilla

Débarquée de son froid pays avec sa famille, elle ne parlait pas un mot de français et se baladait partout avec son petit dictionnaire français-norvégien. A la fin de l’année, l’enfant d’Oslo était première de notre classe de CE1, m’avait convertie à A-ha et à sa culture scandinave. Avec elle et sa famille, et pour les années qui suivirent, c’est un peu de la Norvège qui a intégré mon quotidien et ne m’a jamais quittée.

oslo1-01

17 ans d’attente

A 19 ans, je suis enfin allée à Oslo. Une toute première fois après pourtant déjà 11 ans de relations. C’était en août. Le temps était caniculaire, la mer presque chaude et le quartier pré-bobo de Grünerløkka particulièrement séduisant.

Il m’aura fallu patienter 17 ans pour revoir Oslo. Et 17 ans plus tard, la ville, dans sa version estivale m’a séduite à nouveau.

Alors que faire à Oslo, en été ?

Déjà, s’il fait beau : TU TE BAIGNES.

Oui oui, tu te baignes. Et encore mieux que ça, tu te baignes en prenant l’un des nombreux ferries qui parcourent les petites îles du fjord d’Oslo. Un ferry que tu prendras avec ta carte de transport. La même qui te sert à prendre le bus, le tram ou le métro. En 5 mn de bateau, te voilà transporté(e) directement en vacances. Maisons bardées de bois coloré, sable granuleux, rochers surplombant les petites ondulations de la mer du Nord.

J’ai testé Hovedøya et Lindøya : tu vas kiffer ! A Oslo, en été, tu te baignes parce que la mer n’est presque pas froide – franchement comparable avec la Bretagne. Le dépaysement en plus. Et on dit merci au Gulf Stream qui passe par là !

oslo1-02

Et puis si tu as la flemme de prendre le ferry, tu peux toujours profiter de la toute nouvelle petite plage créée au bout des anciens docks de la ville, à Tjuvholmen, juste derrière le très chouette musée Astrup Fearnley.

Alors bon, des gens me diront “comme à Marseille, quoi”. Oui. Comme à Marseille… mais là tu es en Norvège et c’est tellement différent.

Tu fais des barbecues. Ici, là-bas, partout.

Les Norvégiens ont le culte du barbecue. Dès que les beaux jours pointent leur nez (2 mois par an, globalement), les barbecues de chaque foyer chauffent à chaque repas. Et c’est à qui possèdera le barbecue le plus rutilant dans son jardin !

oslo1-03

Tu n’as pas de jardin ? Pas de problème, les Norvégiens disposent de cette merveilleuse invention : le barbecue jetable avec charbon de bois et allume-feu intégrés. Quand il fait beau, pas un parc, pas une plage, pas un bout de rocher sans la petite fumée des saucisses qui grillent sur les braises. Le barbecue jetable est une telle institution là-bas qu’on trouve à Oslo dans tous les parcs des poubelles dédiées à ces petites barquettes en alu !

oslo1-04

Et si tu as oublié d’acheter de quoi faire griller ton déjeuner, ne panique pas : dans certains parcs, la Mairie a installé des barbecues payants en libre-service (j’en ai notamment vu dans le Sofienbergparken, à Grünerløkka).

Tu manges… des saucisses

Alors fais comme nos amis Scandinaves : achète ton barbecue portatif, dégaine tes saucisses et déguste-les enroulées d’un délicieux lompe : comme ça tu auras un pølse med lompe (un hot dog norvégien, quoi). Le lompe, c’est vraiment typiquement norvégien, c’est le wrap venu du nord, une sorte de galette souple fabriquée à base de pommes de terre. Pas raffiné mais délicieusement régressif !

En fait, assez globalement, sache que la Norvège ce n’est pas le pays de la gastronomie – pas comme son grand cousin le Danemark, par exemple, qui cumule les adresses prestigieuses (coucou le Noma). Il y a de bons restaurants à Oslo naturellement, mais la culture culinaire domestique de Norvégiens est parfois déroutante pour des Français. Elle se rapproche un peu de l’idée qu’on se fait de la culture food américaine : on mange un peu tout le temps, pas toujours très sain.

En tube

Evidemment à titre personnel, ayant baigné dedans dès mon plus jeune âge, j’ai une vraie tendresse pour la cuisine norvégienne… j’ai la passion des tubes par exemple. Les Norvégiens (mais les Suédois aussi) ont cette étrange lubie de tout mettre en tube : tarama, fromage, pâtes diverses et variées…

oslo1-05
Vous croyez qu’on aura assez à manger pour le petit-déjeuner ? ;)

J’ai essayé de faire goûter du “kaviar” (non, ne t’emballe pas, c’est du tarama très très salé) à mon pote italien particulièrement soucieux de la qualité de ce qu’il mange : il n’a même pas daigné tester. La vue de la pâte rosâtre sortant du tube l’a révulsé ! Mais moi j’adore, donc. Mais c’est plus de l’ordre de la madeleine de Proust. Essaye… tu DOIS essayer. Mais aux risques et périls de ton intégrité culinaire.

A suivre

Comme je t’ai déjà saoulé de quelques milliers de signes, lecteur, je réserve à un second billet la visite de la réserve à hipsters de Grünerløkka, la douceur de vivre à Aker Brygge /Tjuvholmen, le jour qui se lève à 2h du matin et les pans de la culture norvégienne que j’ai pu capter ici ou là depuis bientôt 30 ans que je me frotte à mes chers Scandinaves.

Allez, bisous, je te laisse avec Morten <3