J’ai choisi de (semi) plagier un titre d’Anna Gavalda (oh, ça va, on ne peut pas citer uniquement du Michel Butor !) pour aborder avec vous un sujet qui me taraude depuis un moment : à quel moment acte-t-on qu’on est « ensemble » ?

La question paraît un peu simpliste mais la réponse est pleine de nuances, tu vas voir.

Porte Saint-Denis © Léonor de Bailliencourt

Quand j’avais 20 ans et globalement jusqu’à ce que je me maque (très) durablement, deux ans plus tard, on était « ensemble », quand on couchait « ensemble ». C’était assez simple et binaire. Naturellement… cet « ensemble » pouvait ne résister qu’une seule petite semaine, mais il était animé par cet enthousiasme adolescent qui nous laisse, aujourd’hui encore, des souvenirs émus plein la tête…

Souviens-toi de tes années-collège quand, d’une minute à l’autre, parce qu’on avait mélangé nos langues, on basculait du statut de parfaits inconnus à celui de couple quasi établi, papa/maman marchant bras dessus bras dessous dans les couloirs de l’établissement.

Eh bien, à 20 ans, il y avait encore un peu de ça. On se chopait, on testait « être ensemble », on avait un avenir à construire, il s’agissait d’y aller, pas de tergiverser.

Mais maintenant je suis grande et les choses sont moins simples.

Qu’est-ce qui définit le « être ensemble » ? Est-ce quelque chose que l’on acte à deux « hey, on dirait qu’on est ensemble » ? Est-ce un constat ? Une évidence ? Existe-t-il des signes objectifs ? Des points d’étape ?

Moi, par exemple, je vis quelque chose depuis 6 mois, c’est plutôt très harmonieux et ça gagne sereinement en densité.
Pourtant, je suis encore incapable de dire « mon mec ». Et quand mon entourage me dit « vous êtes ensemble », je proteste immédiatement. Aucun de nous ne l’a acté, on ne parle jamais de la nature de notre relation : c’est sans doute parce que nous ne sommes pas « ensemble », on « se voit ». Souvent. On se parle. Beaucoup. On se connaît… bien (à force).

Mais à vrai dire, je ne sais plus.

Ce qui me semblait complètement naturel et évident, avant, ne l’est plus aujourd’hui. Ma capacité d’appropriation de l’autre, rayonnante il y 15 ans, s’est atrophiée aujourd’hui. Ce qui allait de soi à 20 ans, n’est plus si clair aujourd’hui.

Alors quand on ne sait plus, on cherche des indices.
C’est quoi « être ensemble » ?
Est-ce que c’est faire les courses et la cuisine ?
Est-ce que c’est se parler tous les jours ?
Est-ce que c’est partir en weekend ou en vacances ?
Est-ce que c’est regarder un film au lit, le dimanche soir ?
Est-ce que c’est partager la garde de souvenirs communs ?
Est-ce que c’est se voir… sans autre raison que l’envie de se voir ?
Ou est-ce qu’être ensemble c’est quelque chose qui s’acte, se décide consciemment, dans un accord mutuel ?

Certains ont peur de dire « je t’aime », moi j’ai peur de demander « et sinon, tu crois qu’on peut se dire qu’on est ensemble ? »

Toi qui me lis, si tu peux éclairer ma lanterne et partager ta vision de ce sujet, tu serais bien bon(ne). Bisous.

PS : Prochain épisode de la série des questions existentielles : est-il nécessaire d’être « ensemble » pour être heureux… ensemble ? #azyréfléchis

PPS : Si tu as la flemme de lire, ce morceau des Arctic Monkeys (là, plus haut) résume tout mon billet. En plus poilu. Comme ça au moins tu peux chanter.

4 Comments

  1. En fait, je pense qu’il faut que tu te poses la question suivante: suis je avec lui? Et pour y répondre: ai je envie d’être avec un autre ? Cela te donne ta réponse. A partir de là, si l’exclusivité est importante pour toi, il faut lui dire. C’est facile

  2. Beaucoup d’interrogations pour peu de réponses, mais nous en sommes tous là… Il faudrait aussi se pencher sur l’expression « sortir avec » qui est apparue en même temps que le film « la Boum » (Oui, je dois être plus vieux que vous… ;-) )

  3. Anecdote qui éclairera (ou pas) ta lanterne.
    Avec mon Écossaise, j’ai eu une douche froide (écossaise ? #huhu) en septembre quand je lui ai dit que je considérais (innocemment) qu’elle était ma « girlfriend » (elle ne parle pas français). Pour elle, c’était synonyme d’« expectations », donc de grands questionnements. Est-ce qu’on en était déjà là ? Elle n’était pas sûre, ça la faisait flipper ; je n’avais pas réfléchi à la question, elle n’avait sûrement pas tort.
    Et puis, octobre arrive, je vais passer une semaine chez elle. On prend un hôtel la nuit avant que je reparte d’Édimbourg (elle habite loin) tôt le matin. Elle va à la réception (sans moi) pour demander un truc, dit de moi à la réceptionniste que son « partner » souhaite commander un petit-déj à emporter le matin. Elle remonte dans la chambre et me dit : « J’ai dit que tu étais mon “partner”. C’est bizarre. Ma mère dit ça de son mari (second mari, elle s’est mariée avec il y a peu après dix années de relations, NDLR). J’ai pas envie de ça, ça fait vieux. » Je lui demande quel terme elle veut employer. Elle me dit : « Do you want to be my boyfriend ? » Je ne précise pas ma réponse, elle est évidente.
    Tout ça pour dire que le moment où ça commence à te sembler étrange de ne pas dire qu’on est ensemble, qu’on a l’impression qu’on se cache derrière son petit doigt pour ne surtout pas dire qu’on est ensemble, en fait, on est déjà ensemble…

    PS : à part les souvenirs dont on fait garde commune, je checke toutes tes questions… ;)

  4. Merci pour vos retours d’expériences !!

Laisser un commentaire