Berlin - Angela en maillot de bain © Leonor de Bailliencourt

J’attendais beaucoup de Berlin. Mais je n’ai fait que la survoler. J’ai saisi fugacement son reflet dans la vitre du tram. Après un weekend de 3 jours dans la capitale allemande (2 jours 1/2 en vrai), j’en suis repartie convaincue qu’il me faudrait revenir et m’y poser. M’y poser vraiment. Il me semble que Berlin est une ville qui se vit, plus qu’elle ne se visite.

Berlin, Bundestag © Leonor de BailliencourtJe l’attendais rugueuse, encore un peu punk. J’imaginais des immeubles délabrés, tagués, en leur sein une vie artistique débridée. J’ai découvert une ville plutôt jolie, souriante, très humaine et finalement assez proprette.

Je pensais y percevoir en chaque recoin le poids de l’histoire. J’ai réalisé qu’en fait de devoir de mémoire, les Berlinois avaient opté pour la vie, l’en-avant, embarquant dans ce tourbillon l’histoire – qui est partout présente à Berlin, mais pas pesante.

Pas de clubs aux videurs gorgonesques ni de tournée des bars et encore moins des grandes attractions touristiques : Berlin, je m’y suis laissée porter, au gré des pas, du métro, et des adresses glanées auprès des amis et des blogs que j’aime.

Bien sûr, de Berlin j’ai sans doute tout raté. Sans doute rien compris. Mais j’ai perçu un murmure. Et ce murmure était prometteur.

Un lit à Berlin

Generator Berlin Mitte © Leonor de Bailliencourt
A Berlin, tout le monde te le dira : loue un Airbnb. Pas faux. Mais je voyageais on a budget, comme on dit. Et avec ma copine Julie, on a atterri au Generator du Mitte (il y a un autre Generator à Kreuzberg, moins central mais plus hype géographiquement). Generator, c’est une chaîne d’auberges de jeunesse nouvelle génération, implantation dans de chouettes villes européennes, design cool, confort et propreté à petit prix. Il y en a même un à Paris, maintenant, place du Colonel Fabien. Alors pour le charme on repassera, mais notre chambre individuelle avec salle de bain était tout à fait OK. Franchement une bonne surprise.
Generator Berlin Mitte, Oranienburger Straße 65

Le Milieu

berlin mitte © Leonor de Bailliencourt

« Bon, ça va, vous n’êtes pas dans le pire du Mitte », m’a (semi) rassurée Camille, ancienne collègue et néoberlinoise. Le Mitte, si tu as fait Allemand LV2, tu sais au moins que ça veut dire « le milieu ». C’est le centre de Berlin. C’est blindé de touristes et de boutiques et au milieu coule la Spree. Nous, c’est vrai, nous étions dans le « bon Mitte ». Le Mitte des galeries d’art, du royaume délicat du cheesecake d’auteur (sisi) et des cafés cosy/bio/branchés dont la capitale allemande a le secret et, finalement assez proches de plein de choses à pied. Un Mitte gentiment bourgeois, façon mèche ébouriffée.

Des quartiers


Si tu vas à Berlin, tout le monde te dira donc d’éviter le Mitte et de traîner tes Stan Smith à Kreuzberg, Neukölln, Prenzlauer Berg et Friedrischshain (il me semble). Cafés jolis/chaleureux/délicieux, brunches à tomber, barbus à chaque coin de rue, vélos partout, petits parcs, terrasses, boutiques de créateurs… tu vois le truc.

Des parcs

Il y a plein plein de parcs à Berlin. J’en ai visité deux. Exceptionnels. Hors normes. Tu DOIS y aller.

Berlin, tempelhofer park © Leonor de Bailliencourt

Le premier c’est Tempelhofer Park. C’est un ancien aéroport. Américain. Et avant cela, il y avait une prison de la Gestapo. Là, tu la sens vraiment l’histoire. Lourde, l’histoire. Aujourd’hui, c’est une immense plaine herbeuse avec peu d’arbres, des bars, quelques vieux avions posés ça et là. Une sorte de respiration bienvenue même si l’endroit impressionne, quand même. Malgré les gens en Segway (sérieusement, il y a encore des gens en Segway ?).

Le deuxième parc est une attraction à lui seul, surtout si comme nous tu as à la chance de t’y promener un dimanche. C’est le Mauerpark.


Je te la fais courte : il a été construit dans un ancien no man’s land, par là passait le Mur, les graffeurs s’y donnent à cœur joie (pas sur LE Mur, sur un mur), les musiciens se jettent en pâture à un public débonnaire, perché sur les estrades d’un amphithéâtre, le marché aux puces te rappelle le désespoir d’être venue en avion, sans l’option bagages en soute. En prime, j’y ai mangé une currywurst. Obligé. C’est le plat de streetfood bizarre typiquement berlinois : des frites, une saucisse, une sauce tomate un peu sucrée façon sauce BBQ et le tout saupoudré de curry. C’est bon, c’est gras, c’est régressif. Et ça passe tout seul avec une bière, clairement.

Une rue


Oderbergerstraße. Elle est longue, elle est lumineuse, elle mène au Mauerpark, elle est en plein Prenzlauer Berg. Il y a des gaufres qui déchirent tout, de petits cafés mignons, des terrasses avenantes, des boutiques de friperie, une bataille d’immeubles plus jolis les uns que les autres. C’est ravissant, c’est preppy, c’est une forme d’eden bobo. Je pense que j’ai poussé des petits cris d’extase à chaque mètre (Julie témoignera) (oui, tu doutais de ma honteuse fibre bobo ?).

Des cafés

Et encore des cafés. Toujours plus de cafés. Tellement de cafés. Clairement, niveau qualité des cafés (lieu de vie et breuvage aussi d’ailleurs), les Berlinois ont placé la barre très très très haut. C’est chaleureux. C’est bon. C’est beau. C’est cosy, tu ne veux plus en partir. Et il y en a partout.

Des adresses où boire et manger à Berlin (en vrac mais avec beaucoup de bonheur)

The Barn

J’y ai dégusté mon petit-déjeuner d’anniversaire. Le barista a presque réussi à faire un cœur dans mon café (il a failé comme une merde, en vrai, car je l’ai vu faire d’autres cafés canons avec de vrais cœurs réussis, mais j’étais amour ce jour-là). Nous sommes tombées par hasard sur cette adresse dans le quartier de notre hostel. Et apparemment c’est l’un des musts du petit-déjeuner à Berlin. Et c’est vrai que c’était délicieux. Du pain, du fromage, du jambon, un vrai bon café, du soleil. Meilleur petit déjeuner d’anniversaire.
Augustraße 58

Dudu


On a dîné deux fois chez Dudu. Deux fois sur deux. Carton plein. C’était près du Generator et des bars qu’on voulait tester. C’était (relativement) sain. Dudu, c’est un resto japonais un peu (trop) branché, un peu fusion sur les bords mais vraiment délicieux. Le samedi soir, la musique était super forte, difficile de se parler. Le dimanche, plus calme. Apparemment il faut réserver pour espérer s’asseoir. Nous avons eu de la chance.
Torstraße 134

Roamers


Quand j’ai demandé à Damien, mon référent en hipsteritude (qui est surtout mon pote rockstar prometteuse, écoute It It Anita), ses bonnes adresses berlinoises, comme d’hab’ il conduisait en tweetant. Il m’a jeté un unique « Roamers » avec un lien. Quand j’ai demandé à Camille (l’ancienne collègue néoberlinoise croisée plus haut) ses bonnes adresses, elle m’en a dressé toute une liste, mais associé au mot « brunch », c’était « Roamers » le cri du cœur. Quand l’union de l’hipsteritude et de la passion bonne bouffe est si parfaite (sur twitter, Camille c’est @theeatgirl, je te laisse imaginer l’un de ses centres d’intérêt), forcément tu cours chez Roamers. Avec Camille, en l’occurence, qui en a profité pour nous raconter sa vie de jeune cool à Berlin.
Verdict : Roamers c’est joli (du bois, du vintage chiné, des plantes, de jolis gâteaux), c’est velu (les deux gars qui tiennent ça cumulent grosses barbes, multiples tatouages et francs sourires) et surtout c’est délicieux ! Genre, vraiment délicieux. Et super sain. Et joli. Et cool. Bref, t’as compris. En plus comme ça tu es à Neukölln et c’est un quartier super sympa.
Je t’ai mis leur Instagram en lien. Comme ça. Pour savoir que déjà tu baves. De rien.
Pannierstraße 64

Mein Haus Am See

Berlin, Mitte - mein haus am see © Leonor de Bailliencourt
En Allemand, le nom de ce bar veut dire « Ma maison au bord de la mer ». C’est choupinou. Mais ce qui nous a surtout plu dans ce lieu, en dehors de son bar complètement ouvert comme un ilôt central de cuisine, ce sont ses gradins. Tout le fond du bar est occupé par de grands gradins et tu sirotes ton Moscow Mule (DELICIEUX) avachie sur tes coussins, en hauteur et en refaisant le monde. Tu respires, c’est joli, c’est plein de charme. Il y a cette touche, cet esprit, ce supplément d’âme peut-être, que j’ai ressenti partout à Berlin.
Torstraße 125

Hackescher Hof

Pour mon dernier repas à Berlin, également mon déjeuner d’anniversaire, mon ami néoberlinois Amaury m’a fait découvrir un restaurant délicat, élégant et délicieusement suranné, au cœur du Mitte (« au cœur du milieu », c’est vertigineux) : Hackescher Hof. Un endroit clair, lumineux, loin de toute la hype parfois excessive de Berlin et qui revendique au contraire l’esprit des cafés des années 20. J’ai pu goûter à deux spécialités bien dans l’esprit des lieux, le Wiener Schnitzel (la célèbre escalope viennoise – une escalope de veau panée servie avec une salade de pommes de terre, droite descendante de la non moins célèbre escalope milanaise) et forcément un Strudel pour le dessert. J’ai adoré ce lieu. Son calme. Son chic.
Rosenthaler Straße 40/41

Ampelmann

Berlin, Mitte - Ampelmann © Leonor de Bailliencourt
Il faisait beau, ce lundi. En longeant la Spree, vision d’Eden : des transats sur l’herbe. Sous les voûtes de la voie ferrée, juste à côté du parc Monbijou (j’adore ce nom), un restaurant et son immense terrasse de transats avec vue sur l’Ile aux Musées (comme son nom l’indique : une île, des tas de musées, de beaux bâtiments anciens). Sublime.
Stadtbahnbogen 159/160

Des trucs qui nous ont fait sourire


– Les fleurs. Il y a un vase avec une fleur sur (quasi) sur chaque table de café et restaurant (pas dans les bars, hein). Ça ne mange pas de pain et ça fait plaisir.

– Le cash. Tout en cash. A Berlin, prévois de trimballer des liasses de billets, concrètement tu ne pourras quasi jamais payer avec ta carte bleue. Nulle part. C’est comme ça.

Des tuyaux colorés le long des trottoirs. C’est apparemment l’un des signes distinctifs de Berlin. Mon ami Amaury qui y vit m’a expliqué que la ville étant bâtie sur du sable, l’eau remonte très vite à la surface en cas de travaux publics. Ces tuyaux servent à l’évacuer. C’est étonnant et plutôt joli. Mais apparemment en voie de disparition.

– A Berlin, en théorie il est interdit de fumer dans les lieux publics. En réalité, de nombreux bars sont fumeurs. Ou possèdent au minimum de grands fumoirs.

– De Berlin, on a l’image d’une ville glaciale, grise, enneigée. C’est pourtant une ville tournée sur l’extérieur. Le moindre petit café a sa terrasse ou s’en bricole une mini. On sent que tout là-bas est prétexte à profiter de la vie entre amis, dehors (il faut dire qu’il fait en réalité très chaud l’été là-bas).

Comment savoir si l’on est à Berlin Est ou Ouest ? Pour Camille, ça se vérifie à la numérotation des immeubles – de deux en deux comme chez nous, on est à l’Ouest, en suite numéraire 1, 2, 3, 4 etc, on est à l’Est. Toute fière, j’ai partagé cette découverte avec mon autre pote berlinois Amaury qui m’a prouvé en 2 secondes que la théorie était bancale. A creuser, donc.

– La Fernsehturm partout, tout le temps. La fameuse tour de la télévision, l’un des emblèmes de Berlin. Impossible de la manquer. Ça m’a fait une petite émotion la première fois que je l’ai vue. Plus que la porte de Brandebourg ou le Bundestag. J’ai honte.

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