Au printemps dernier, j’étais en Croatie – à Pag, après avoir traversé brièvement la Slovénie (I’ll be back!). Cet été, j’ai donc poursuivi mon exploration des Balkans et voyagé pendant deux semaines au Monténégro. Viens, je t’emmène à la découverte de la Crna Gora, la « montagne noire », le vrai nom du Monténégro…

Deux semaines avec mes enfants et une voiture de location à arpenter les merveilles incroyables de ce mini-pays grand comme l’Ile de France (ou la Flandre, si tu es Belge). Deux semaines à écarquiller les yeux. Deux semaines entre montagnes et mer Adriatique. Deux semaines et je n’ai encore rien vu !

Deux semaines et trop de choses à te raconter, te montrer. Du coup, je vais le faire en plusieurs épisodes : les Bouches de Kotor dans ce billet et ensuite la péninsule de Luštica, la côte adriatique, Cetinje (l’ancienne capitale royale perdue dans les montagnes) puis Ulcinj et toute la partie albanophone au sud du pays.

Lipci - Bouches de Kotor - Montenegro © Leonor de Bailliencourt

Monténégro, première partie : les Bouches de Kotor

Quand j’ai évoqué le Monténégro pour mes vacances d’été, les quelques personnes qui y étaient déjà allé avaient toutes la même recommandation : les Bouches de Kotor. Les Bouches de Kotor c’est, paraît-il, le fjord le plus au sud de l’Europe. C’est surtout une merveille de la nature !

Je te plante le décor : des montagnes vertes qui plongent dans une mer turquoise et transparente. Et tout autour, de petites villes qui témoignent de siècles de domination vénitienne. On se résume : des campaniles et des palais vénitiens, de jolies montagnes vertes et une eau turquoise. Tu saisis l’idée ?

 

Perast, Venise indolente

Perast - Bouches de Kotor - Montenegro © Leonor de BailliencourtNous avons passé notre première journée monténégrine à Perast. Perast, donc, micro bout de Venise en Dalmatie du sud. Perast et ses jolis palais, son campanile si typique, ses hordes de touristes (qu’on oublie vite en s’éloignant un peu), son absence de voitures et son cadre… au-delà des mots.

Nous avons déjeuné de pâtes aux légumes, d’escalope Njeguski (du porc farci au fromage et au prsut, le jambon fumé typique du coin) et d’un poisson divin sur la terrasse ombragée du très chic hôtel Conte avant de passer l’après-midi à lézarder dans un bar au bord de l’eau, le Pirat Bar. Ponton en béton comme en Croatie, mer chaude et pour se rafraîchir un grand verre de Nes Kafa (c’est du Nescafé glacé, sucré, avec du lait je pense – ne panique pas, c’est une addiction ce truc). On était bien, on aurait pu rester là pour toute la vie.

Kids in Perast - Montenegro © Leonor de Bailliencourt

 

Kotor… sous l’orage

La vieille ville de Kotor, qui donne son nom aux Bouches (Boka Kotorska en serbo-croate), est un bijou défensif accroché à la roche. Elle tourne presque le dos à la mer. La ville est connue notamment pour ses remparts incroyables qui serpentent jusqu’à très haut dans la montagne.

Kotor, rempart - Montenegro © Leonor de Bailliencourt

A l’intérieur, de jolies maisons anciennes en pierre, de petites places typiques, des rues pavées et… des kilos de restos à touristes. Mais encore une fois, c’est vrai presque partout : il suffit de se perdre, de s’éloigner, pour retrouver un peu de calme et d’authenticité.

Hélas nous avons visité Kotor juste avant un gros orage. La lumière était sinistre, je crains que mes photos ne te donnent pas très envie.

Herceg Novi, bijou inattendu

Alors que nous quittions le Monténégro la mort dans l’âme pour finir nos vacances par 2 jours à Dubrovnik, juste de l’autre côté de la frontière en Croatie, nous avons pilé à Herceg Novi, tout à l’entrée des Bouches de Kotor.

La ville moderne, à l’arrivée, nous avait fait horreur. Mais mon Lonely Planet semblait enthousiaste à propos de la stari grad, la vieille ville, et nous avions vraiment du mal à nous résoudre à quitter notre Crna Gora adorée. Quelle bonne idée nous avons eu !

Herceg Novi stari grad - Montenegro © Leonor de Bailliencourt

La vieille ville d’Herceg Novi (« novi » qui veut dire « nouveau » par ailleurs, ahahah) n’est pas envahie par les touristes. De vrais gens y vivent. C’est le paradis des escaliers, des batteries navales et d’une certaine douceur de vivre.

Nous n’y avons passé que quelques heures, le temps d’un déjeuner et d’un crapahutage en plein cagnard avant d’affronter les délices de la frontière monténégrino-croate (une heure d’attente, on a eu de la chance paraît-il), mais si tu y vas et que tu peux : prends le temps de t’imprégner de l’atmosphère divinement méridionale de cette petite ville.

Fais le tour de la Boka !

Il faut, au moins une fois dans sa vie, parcourir la route qui serpente tout le long des Bouches de Kotor. C’est l’occasion de croiser de mignons villages, des nano plages où les locaux se baignent en papotant… c’est aussi une vraie chance de percevoir un peu l’esprit des lieux hors des grands appeaux à touristes que sont Kotor et Perast.

Risan - Montenegro © Leonor de Bailliencourt

Roule vers Ðurići, Lipci (où nous avons passé notre première nuit) et arrête-toi pour te baigner sur un ponton à Risan tout au fond de la baie : c’est la plus ancienne ville des Bouches (pas la plus belle, certes, mais on a adoré). Au retour, tu feras comme nous, tu prendras le ferry entre Lepetane et Kamenari, là où les Bouches sont les plus étroites (la vue vaut le coup aussi).

Ferry Bouches de Kotor - Montenegro © Leonor de Bailliencourt

Prochain épisode : la péninsule de Luštica !