L’été dernier, en vacances au Monténégro, j’ai approché l’Albanie, à Ulcinj. J’ai approché cette ambiance déjà orientale et j’ai eu envie d’Albanie. Alors cette année, j’ai embarqué mes enfants et mes amis pour deux semaines dans ce pays qui fut si longtemps fermé et mystérieux. Viens, je t’emmène en Shqipëria (un indice chez toi : Borat n’est pas très loin, faut l’admettre) (les paysages de ouf non plus).

L’Albanie, quand j’ai annoncé autour de moi que j’y partais en vacances, qui plus est avec mes enfants, ça a suscité un nombre étonnant de réactions. De l’inquiétude (la mafia, la drogue, le quart-monde), de la gentille moquerie (« L’Albanie, c’est tellement über-hipster, y’a que toi pour choisir ce type de destinations »), du mauvais esprit historisant (« Ahah, passion charniers ») et globalement une méconnaissance totale de ce à quoi peut bien ressembler ce pays.

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L’Albanie : ancien bastion communiste méconnu

Alors l’Albanie, minute géographie, c’est un petit pays montagneux bordé par la mer Ionienne, au sud, et la mer Adriatique, au nord. Un petit pays coincé entre le Monténégro et la Grèce, une démocratie constitutionnelle toute neuve (depuis 1992) qui fait face à l’Italie, au niveau des Pouilles. Nous, nous étions sur la Riviera, tout près de l’île grecque de Corfou par laquelle nous sommes arrivés.

Le pays est resté prisonnier jusqu’à récemment des délires paranoïaques d’un dictateur communiste, Enver Hoxha, et de son fidèle successeur Ramiz Alia, qui ont quadrillé le pays de petits bunkers en forme de champignons… aujourd’hui, notamment à Tirana il semblerait, ces bunkers sont doucement réhabilités en trucs coolo-marrants, genre des bars de plage ou des lieux d’exposition (de poche, hein, parce qu’ils sont minus ces bunkers).

Qeparo et la Riviera albanaise

Avec les potes nous ne sommes pas montés jusqu’à Tirana mais nous avons posé nos valises et nos enfants dans deux maisons de pierres réhabilitées dans un petit village accroché à une montagne, avec une vue plongeante sur la mer ionienne. Au cœur de la Riviera, pas loin de la Grèce, dans une région massivement chrétienne orthodoxe.

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Le village s’appelle Qeparo (on dit « tchéparo ») et la première fois qu’on l’a vu, accroché tout là haut là haut, avec une route à la verticale et des virages en lacet pour l’atteindre, on s’est dit qu’avec nos Hyundai pas trop 4×4 on irait peut-être pas si souvent à la mer. Si déjà on arrivait à monter, à ne pas crever après le passage des pavés/cailloux polis/trous qui menait au petit bar en bas des maisons… et puis finalement, après on le faisait en chantonnant (les potes ont quand même crevé l’avant-dernier jour, mais leurs pneus étaient mort-vivants dès le départ).

L’Albanie, je ne sais pas ce que toi, tu en imagines, mais c’est tout à la fois fidèle aux pires clichés « boratiens » et en même temps c’est tellement mieux, tellement plus, tellement… waouh.

Du côté Borat : oui, les Albanais ont une passion totale, absolue, démentielle pour les Mercedes. Toutes les Mercedes. Les neuves, rutilantes. Et puis les vintages, traficotées, rafistolées, repeintes à l’arrache dans toutes les couleurs de l’arc en ciel, parfois surélevées, souvent lentissimes et fumantes. Un festival. Un bonheur quand tu es derrière pendant 20 minutes de route de montagne en lacets…

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Oui, l’Albanie, c’est cradingue, la conscience écologique n’a pas encore traversé la frontière du Monténégro (qui développe à mort un tourisme premium et écofriendly) et les gens jettent leur ordures absolument n’importe où, y compris sur des plages paradisiaques. Ça arrache le cœur mais on peut espérer que ce phénomène se résorbe avec l’ouverture plus massive du pays.

You Had One Job

Oui l’Albanie c’est le pays où tout est fait à la one-again. Passion « You had one job« , si vous voyez ce que je veux dire. Les trucs marchent… en apparence. Les hôtels sont ouverts même encore en travaux. Les restaurants affichent des plats qu’ils n’ont pas. Jamais. Nulle part. Mais c’est marqué en gros sur l’ardoise à l’entrée. Tout à l’avenant. Hilarant ou agaçant, en fonction des moments. On est quand même contents de ne pas avoir eu de pépins de santé, quoi… On s’est aussi dit qu’avec un peu de rigueur et de bon sens, il y avait des couilles en or à se faire dans ce pays.

C’est sans doute ce que se fait Hervé, le sympathique décorateur français installé à Tirana qui nous a loué ses jolies maisons. Des couilles en or. Dans le vieux Qeparo, où nous habitions, la moitié au moins des vieilles bâtisses sont abandonnées, en ruine. Hervé, d’autres sans doute, les rachètent une bouchée de pain, les réhabilitent et hop ! Des bobos français raisonnablement aventureux s’y installent pour les vacances !

Mais donc… On fait quoi, en Albanie ?

Déjà, on s’ébaubit. Oui oui, on s’ébaubit. On écarquille les yeux à chaque balade en voiture devant la somptuosité des paysages traversés. Des montagnes arides ponctuées d’oliviers, certaines aiguës, d’autres rondes et douces, certaines très hautes, d’autres plus modestes… Des montagnes qui plongent dans les flots turquoises de la mer ionienne. En vrai, il n’y a sans doute pas grand chose de mieux que de conduire en Albanie au crépuscule. Prépare ta petite larme d’émotion. Fais-moi confiance.

Festival de plages

Ensuite, on se baigne. Beaucoup. Partout. Tout au long de la petite Riviera, entre Lukova (ou Lukovë en Albanais) et la Llogara pass, c’est une succession enchanteresse de dizaines et de dizaines de plages à tester.

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La plage de Lukova

On en a testé tellement qu’on ne sait plus trop quelle est notre préférée. Celle de Borsh, sans doute, longue baie de 5 km entourée de montagnes enthousiasmantes. On a aussi aimé celle de Dhermi (dire « zermi », ce qui est bien tombé, ce jour-là on avait accumulé les merdes) et passé forcément pas mal de temps sur celle de Qeparo, en bas de chez nous, avec son hôtel de luxe pas fini mais déjà en activité où nous avons souvent déjeuné ou pris des glaces.

Personnellement je garde un souvenir énamouré de Gjipe. Lovée dans une falaise, cette petite baie n’est accessible qu’en bateau ou après un périple rocailleux de 30 minutes en plein cagnard. Evidemment, on a marché (les potes l’ont fait en bateau, on sent qui avait le cerveau, dans la team). Mais même à pied, le jeu en valait la chandelle. J’avais l’impression d’avoir atteint La Plage, tu sais celle du bouquin d’Alex Garland (ou du film avec Leo DiCaprio). Un air de bout du monde, un petit côté baba cool, une gargotte de bric et de broc qui servait du poisson grillé avec une salade grecque et de la bière, quelques abris de fougères et des eaux turquoises et vite profondes.

On a aussi bien aimé Ksamil et ses îlots, même si c’était assez bondé. On a loué des pédalos (le pédalo « Flipper et Flippa les dauphins », 200 kg, 0 maniabilité <3) et fait la course en team filles/garçons pour aller sur les petites îles paradisiaques qui parsèment la baie. Ksamil, c’est l’endroit le plus proche de l’île grecque de Corfou et on voit passer pas loin les ferries et aliscaphes (ce truc reste un rêve inassouvi) qui relient les deux pays.

Sur les plages, on s’est pas mal fiés à ce chouette blog (et aussi à une cool Albanaise italianophone rencontrée sur la plage de Dhermi).

Des plages équipées (mais c’est mieux, en fait)

Alors sache que la plupart des plages albanaises sont à l’italienne : (très) équipées. Chaque petit resto a ses transats sur la grève de sable ou plus souvent de graviers… Mais quand tu payes 500 leks par jour pour deux transats et un parasol en palmes trop mignon, tu n’hésites pas une seconde. 500 leks à l’heure où j’écris ces lignes, c’est l’équivalent de 3,63 € (même si en terme de pouvoir d’achat sur place, mieux vaut penser que 100 leks égalent 1 euro). Des plages équipées, donc, rarement sauvages, mais très peu envahies quand nous y étions, les deux dernières semaines d’août.

Plage de Borsh
Plage de Borsh

De toute façon, comme on l’a vu plus haut, l’Albanie étant encore débutante en matière de préservation de l’environnement, mieux vaut opter pour ces plages organisées… car la seule fois où nous avons crapahuté au soleil et dans les cailloux avec nos 5 enfants, en quête d’un supposé paradis perdu (Akuariumi Beach, tu visualises quelle réalité sous-entend le nom > DES POISSONS JOLIS), nous avons brutalement déchanté : l’endroit était une décharge à ciel ouvert !

Ali Pacha, les forteresses et les sous-marins

En Albanie, on suit les traces d’Ali Pacha, aussi. Beaucoup beaucoup de traces d’Ali Pacha. Le Monsieur dirigea l’Albanie pour le compte de l’Empire ottoman au 18e siècle et il avait l’amour des forteresses bien solides. Il en a laissé quelques-unes de bien chouettes : son château à côté de la cité de Butrint (on en reparle) et les forteresses de Tepelena et Libohova près de Gjirokastra, mais on ne les a pas visités.

Par contre, comme c’était près de chez nous, nous sommes allés nous perdre dans les couloirs sombres de la forteresse de Porto Palermo. Ce bâtiment, clairement martial et austère, est posé sur une presqu’île. C’est un endroit complètement dingue agrémenté d’une petite baie quasiment enclavée, avec une eau turquoise où barboter en observant les (rares) poissons.

Et surtout, au fond de la baie, l’Albanie communiste a planqué un tunnel à sous-marins, creusé dans la roche. On y voit encore des bateaux militaires et apparemment le lieu reste actif. On n’a, hélas, pas croisé de sous-marin en goguette mais l’endroit a donné des idées de restaurant à thème à l’élément adulte mâle de la bande.

On fait de l’archéologie (au soleil)

Au sud de Saranda, la « grande ville » de la Riviera, là où les ferries arrivent de Corfou, se trouvent donc les îles de Ksamil mais aussi la cité antique de Butrint. C’est vraiment un endroit chouette. Le lieu a été grec avant d’être romain puis vénitien. Puis bordélique et vaguement occupé par des pêcheurs, avant de faire la joie des quelques touristes qui s’aventurent en terre albanaise.

Super bien organisée, super bien renseignée, la promenade à travers les ruines antiques de Butrint nous a pris deux bonnes heures (avec 5 enfants affamés mais plutôt étrangement pas trop relou, l’effet ruines antiques sans doute). Cela m’a aussi permis de faire du like sur Instagram avec une photo alléchante du lac de Butrint où est encastrée la cité antique.

lac-de-butrint © Leonor de Bailliencourt
Le lac de Butrint (est beau)

On mange (et on se lasse) des grillades et des salades… grecques

En bas de nos maisons, à Qeparo, une petite place poussiéreuse où nous garions nos voitures… et un petit café/épicerie/cœur du village sans nom mais qu’on a baptisé « Chez Ida » parce que c’est le nom de la jeune femme qui le tient avec son mari (et qui s’occupe des maisons où nous étions, aussi, pour le compte d’Hervé).

Chez Ida, notre QG à Qeparo
Chez Ida, notre QG à Qeparo

Le premier soir, nous sommes arrivées mortes de fatigue avec ma pote et la tripotée d’enfants (moins un enfant et un adulte, que seraient les vacances sans de petites péripéties qui en retiennent certains à Corfou 24h de plus, pas vrai ?). On a posé nos carcasses épuisées sur une des chaises en plastique de la terrasse d’Ida et on a attendu.

Le barbecue crépitait (enfin le fût coupé latéralement transformé en barbecue crépitait), la bière était fraîche, il y avait des ânes et des chats qui se baladaient. Et soudain une foultitude d’assiettes et de plats sont apparus sur notre table : de l’agneau grillé, du pain grillé à l’huile d’olive, un fromage délirant comme un genre de brousse, une salade tomates/concombres/poivons/oignons/feta, des courgettes… grillées, des sortes de frites à l’origan et encore tout plein d’autres choses dingues.

Et quand on a fini, en plein extase de se retrouver là, à manger si bien, dans une ambiance si… parfaite, au milieu de nulle part sur une montagne albanaise, Ida a apporté une pastèque fraîche merveilleuse !

Je crois qu’avec ma pote on a cristallisé ce moment (on a aussi cristallisé le moment où on a défoncé à deux la bouteille de rouge que nous avait laissé Hervé, après avoir monté dans le noir, à la seule force de la rage, nos valises de 15 kg sur le chemin en terre et cailloux menant aux maisons) (l’élément masculin adulte de la troupe étant resté bloqué à Corfou).

Locavores… monomaniaques

Sauf qu’en fait les salades tomates/poivrons/concombre/oignons/feta (ou pas feta, folle variation, la salade grecque devenant la salate fshat, la « salade du village ») et les grillades de viande ou de poisson et les frites chelou à l’origan… bah c’est globalement tout ce que tu manges sur la Riviera albanaise (avec les pâtes, les risotti… et les pizzas).

A la fin, on s’était transformés en Bidochon : on rêvait de poisson cru PAS GRILLE (de ceviche, quoi), de rôti de bœuf/haricots verts et de plein d’autres trucs qui ne seraient pas passés sur un barbecue. Le point positif, c’est que les Albanais fonctionnent avec les produits locaux et de saison. Ils sont locavores, à défaut de respecter l’environnement, c’est déjà ça.

Quelques adresses de restaurants cool, quand même

Chez Ida

Je t’en ai parlé plus haut. Tu y trouveras un mélange de locaux et de quelques touristes habitués. Il n’y a pas de carte, pas de menu, on mange ce qu’Ida et son mari ont préparé et c’est toujours une (bonne) surprise. Et toujours avec de l’agneau grillé (ce qui évente la surprise, je t’accorde). La bière est fraîche, il y a du foot à la télé à l’intérieur et on pousse les tables dehors pour faire de la place à tout le monde, le service 100 % albanophone est adorable. Et en plus le prix total de ton repas pantagruélique sera dérisoire.

C’est où : Vieux Qeparo / Qeparo Fshat – en arrivant dans le vieux village, continuer tout droit, même si la route ne semble pas carrossable (on a testé pour vous bi-quotidiennement pendant deux semaines, ça paaaasse).

Luna Mare

La plage de Borsh mesure 5 km et tout son long tu trouveras des paillottes avec leurs transats/parasols associés. On a aimé celle-là, Luna Mare, parce qu’elle était jolie, avec du bois et des voilages blancs, que les pizzas étaient étonnamment bonnes et les gens super gentils (et ils parlaient anglais et italien, ce qui est bien pratique).

C’est où : plage de Borsh, plutôt au début, juste avant « le petit pont » (voilà voilà).

Esperia

Ce restaurant est planqué tout au bout de la plage d’Himara, la plus grosse station balnéaire de la Riviera (et pas la plus jolie). Il nous a plu parce qu’il est au calme, plutôt dans la zone « portuaire » (avec 1000 guillemets), et que sa grande terrasse plonge sur la mer avec une chouette vue sur la baie.

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Pour le reste… au restaurant Esperia on mange la même chose que partout sur la Riviera, le service n’est pas toujours adorable MAIS ils prennent la carte bancaire. Le truc rarissime dans le coin.

C’est où : Port d’Himara (tout au bout à droite quand on regarde la mer, en gros).

Gjirokastra et la Llgora pass : ces lieux que j’ai raté

Je le sentais pas, Gjirokastra. Google Maps disait 3h de route et je voyais le retour de nuit pas cool. Or PARTOUT, sur tous les guides et les blogs, on te déconseille fortement la conduite de nuit en Albanie (rapport aux animaux en goguette et à l’absence de tout contrôle alcoolémique, aussi).

Finalement les potes y sont allés sans moi, je crois qu’ils ont bien aimé et c’était moins loin que ce que dit Google Maps (de toute façon Google Maps ne comprend rien à l’Albanie). C’est une ville à l’architecture homogène, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. C’est un peu le truc le plus connu en Albanie mais j’ai fait ma trouillarde, donc je ne peux pas t’en parler (pose tes questions à @Galoorific sur Twitter, si tu veux).

On a aussi zappé la Llgora pass. C’est un endroit semble-t-il de toute beauté, pas très loin de chez nous en plus. Un passage avec plein de virages montagneux (la routine, en vrai, mais là ça semble être force 10) et une vue sublime à 360 degrés sur les montagnes, la mer et les îles grecques. Je crois que ça marque aussi la césure entre la mer ionienne et la mer adriatique.

On profite des animaux… beaucoup, beaucoup d’animaux

Un pote grandi dans le Tarn et Garonne m’a bashée quand je lui ai envoyé une photo de nos voitures noyées dans un troupeau de chèvres (« Photo de Parisienne, on a la même chose chez nous dans le Sud-Ouest »)… N’empêche que nous, ça nous a bien fait marrer. Surtout que ce n’était pas la première fois.

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Globalement, dans ce coin d’Albanie, le bétail vit un petit peu sa vie peinardos. Au détour d’une rue, tu peux croiser une truie et ses petits, des vaches qui fouillent dans les poubelles (c’était pas censé être herbivore, les vaches ?!), des ânes, des chèvres évidemment, des poules, des chats et des chiens bien sûr, des chevaux…

Toute cette vaste ménagerie peut surgir à n’importe quel moment sous les roues de ta voiture, au début ça surprend, après on adapte sa conduite… d’ailleurs ils ne semblent pas se faire beaucoup écraser, les Albanais sont sans doute très habitués.

Sur un plan plus… domestique, nous avons hérité avec la maison d’un certain nombre d’invités surprise : un chien jaune tout maigre, tout mignon, tout mou, tout dégueulasse qui habitait sur MON transat (et n’en bougeait que pour se mettre à l’ombre). A la fin, on avait trouvé un modus vivendi, chacun sa face du matelas, d’un côté les poils et les puces, de l’autre mon maillot de bain et mon bouquin.

On a aussi rencontré le chaton de notre vie. Une petite chatte, en réalité. Une petite merveille née et grandie dehors mais étrangement affectueuse et domestique. On l’a laissée là-bas, au prix de pleurs et caprices de ma fille… Evidemment vous imaginez bien qu’on nourrissait tout ce petit monde, matin et soir :) (oui c’est mal)

Des conseils pratiques en vrac, pour finir

  • Sur la Riviera albanaise, n’espérez pas dégainer la carte bancaire : c’est très rarement possible. Tout se paye en cash et les distributeurs sont rares (il y en a un sur le chemin qui borde la plage de Borsh et un autre sur le chemin qui arrive à la plage de Dhermi).
  • Vous ne trouverez pas de supermarché sur la Riviera, il y a des Conad à Saranda, la grande ville du coin, mais ce n’est pas vraiment la Riviera (et c’est moche et plein de barres d’immeubles, Saranda, c’est là qu’on arrive par le ferry de Corfou). Pour faire vos courses, vous irez dans les mini markets qu’on trouve dans la plupart des villages (et ça vous permettra de découvrir une spécialité locale : la tête d’agneau à la broche, yum, et que les tampons sont une denrée rare mais pas les céréales de petit-déj sans gluten… wokay)
  • Les gens ne parlent pas trop trop anglais, ils parlent souvent grec et pas mal italien (car les Italiens sont des malins et ça fait longtemps qu’ils viennent en Albanie), alors faites comme nous des compètes de « signe international » pour dire tout et n’importe quoi, ça occupait bien les enfants au resto
  • Ne buvez pas l’eau du robinet… et dans le doute, ne buvez pas l’eau du café cascade de Borsh (même si tout le monde remplit ses bouteilles juste en-dessous, on l’a fait, on a été malades, hasard ou pas… dans le doute je préviens). Par contre ce café encastré dans une cascade est génial et super rafraîchissant
  • La conduite en Albanie est… spéciale. Au-delà des animaux en vadrouille, c’est surtout qu’on fait un peu ce qu’on veut sur la route : les limites de vitesse et les lignes blanches sont indicatives. Comme le fait de doubler 3 ou 4 voitures d’un coup dans un virage en épingle. On s’habitue vite. Et finalement je trouve qu’ils conduisent bien, les Albanais (mais bon le taux de mortalité sur la route est monstrueux, quand même).
  • N’ayez pas peur du bordel, des ordures qui traînent, des bâtiments en ruine, des trucs qui ne marchent pas vraiment, des coqs qui vous réveillent à 5h (les coqs c’est des connards) et des voisines qui braillent (Matildaaaaa !) : l’Albanie est encore en transition entre son passé emprisonné et son futur hautement touristique. De mon point de vue, c’est le bon moment pour y aller !

L’aliscaphe

Enfin je ne pouvais pas vous laisser sans ma nouvelle passion, mon regret éternel, ma lumière dedans les yeux, ce témoignage magnifique d’une époque révolue : l’aliscaphe qui assure la liaison Corfou / Saranda et qui nous a croisé dans toute sa morgue et sa splendeur <3 alors que nous nous traînions sur le ferry pour Corfou (les petits cris sur la vidéo, les « j’en veux un », c’est moi, la vidéo est de ma pote Gaelle). JE VEUX UN ALISCAPHE !

Allez en Albanie, les gens, c’est maintenant !

Cet article n’est pas un billet promotionnel pour la bière Peroni, bien qu’un nombre conséquent de bouteilles en ait été consommé pendant ces vacances (de la Peroni, de la Tirana et de la Korça) :P

PS : un spécial merci à Laurent E.B. qui m’a appris que ce que je prenais pour un hovercraft était en réalité un aliscaphe (première fois que je croise ce nom) (j’en veux un quel que soit son nom)

3 Comments

  1. C’est super joli ça donne vraiment envie d’y aller ! :)

  2. je ne connaissais pas cette destination, ça donne envie

  3. copié/collé du com laissé sur FB :
    Excellent résumé du séjour (je l’aurai peut-être intitulé « les coqs c’est vraiment des connards » direct) ! Mais quelle plume :) ;
    Une petite précision pour celles et ceux qui pensent y aller un jour : si vous pensez faire un tour en bateau pour profiter des plages inaccessibles sans la marche sous le cagnard (ça vaut le coup de chercher, c’est magique ! )… et bien il va falloir apprendre la démerde : rien d’officiel, des restaurants qui affichent ces services mais « no we don’t » quand tu leur demandes, des offices de tourisme juste hilarants de vide qui ne savent te proposer qu’un A/R en Ferry pour Tirana, sans halte évidemment… On a fini par trouver notre bonheur sous la forme d’un rafiot moyen, piloté par un vague mécano – au demeurant très sympa et étonnamment anglophone – en baragouinant avec TOUS les types qu’on voyait débarquer en bateau, c’est-à-dire 3, sur la plage de Himara. Qui s’appellent tous Eddy, ou Edi. Et j’ai leurs 06.

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